Propriété des données des véhicules: ce que les étudiants en mécanique auto doivent savoir

L’industrie automobile est en pleine mutation technologique et de plus en plus de véhicules dits “semi-autonomes” équipés de systèmes avancés d’aide à la conduite arrivent sur nos routes. Ces véhicules connectés collectent les données personnelles des automobilistes qui sont, à ce jour, uniquement accessibles aux constructeurs automobiles. Celles-ci sont pourtant indispensables pour permettre aux mécaniciens d’offrir un service d’entretien de qualité. 

Voici ce qu’il faut savoir sur l’enjeu majeur du partage des données des véhicules connectés. 

Des constructeurs réticents à partager leurs données

Les constructeurs automobiles qui commercialisent des véhicules connectés ne souhaitent pas partager leurs données pour plusieurs raisons. Pour GM par exemple, beaucoup de ces données sont très techniques et restent intégrées au véhicule lui-même. 

D’autres constructeurs automobiles comme Tesla souhaitent quant à eux garder le contrôle de leurs données récoltées. Les experts de la presse automobile estiment que les données pourraient même être monétisées, car elles comportent de nombreuses informations de géolocalisation qui sont précieuses pour les entreprises (lieux fréquentés, habitudes de consommation, appartenance religieuse, etc.). 

Quoi qu’il en soit, le non-partage des données pose problème, surtout lorsqu’il est question d’accident mortel, comme en avril dernier lorsqu’un conducteur est décédé au Texas à bord d’une Tesla Model S. Ce drame a remis sous les projecteurs l’enjeu de la propriété des données, car Tesla n’a pas souhaité partager celles du véhicule qui sont pourtant essentielles pour déterminer les causes de l’accident. 

Une propriété qui devrait revenir aux consommateurs

Au Canada, l’Association des Industries de l’Automobile du Canada (AIA) souhaite de son côté que les données des véhicules connectés puissent être accessibles aux automobilistes qui en font la demande. Pour cela, l’AIA multiplie les rencontres avec le gouvernement pour sensibiliser les élus qui ont un pouvoir de décision sur l’enjeu des données des véhicules. 

Pour les automobilistes tout comme les mécaniciens-réparateurs d’automobiles, l’accès aux données des véhicules devrait être essentiel, car les informations stockées permettent de contrôler le service d’entretien, mais aussi d’avoir un  accès aux pièces de remplacement s’il ne s’agit pas d’un centre autorisé. 

De plus, il est important de savoir que certains constructeurs comme Tesla n’ont pas assez d’ateliers installés afin d’offrir un service d’entretien dans un délai raisonnable. Laisser l’accès aux données permettrait aux propriétaires de se rendre dans d’autres ateliers et obtenir un service de réparation rapide et de qualité. 

La majorité des nouveaux véhicules vendus en Amérique du Nord, dont 100 % des Ford, GM et BMW, bénéficient d’une connexion Internet et d’un système d’infodivertissement.

Pour une nouvelle loi au Canada

Le gouvernement canadien a enclenché le processus pour protéger la vie privée des consommateurs et encadrer les activités des géants du numérique. Le projet de loi C-11 touche à la propriété des données, et pourrait avoir des répercussions positives pour nos étudiants en formation de mécanique automobile qui feront carrière en atelier. L’AIA souhaite que la réglementation qui va en découler indique que les données des véhicules soient la propriété des consommateurs. Ils pourront ainsi décider eux-mêmes de les partager avec leur atelier de mécanique automobile ou pas. 

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